Médicaments et IMAO : une règle précise, pas une peur diffuse.
Comme dans l'assiette, le danger médicamenteux des IMAO classiques (Parnate, Nardil, Marplan) repose sur des mécanismes identifiables, pas sur un brouillard d'interdits. Deux accidents à éviter, des associations contre-indiquées et d'autres qui exigent un encadrement spécialisé — avec une consigne d'or : dire à chaque soignant que vous prenez un IMAO.
Le syndrome sérotoninergique : trop de sérotonine d'un coup. Déclenché par ce qui bloque ou libère fortement la sérotonine.
La crise hypertensive : une poussée brutale de tension. Déclenchée par les stimulants (sympathomimétiques) — et, dans l'assiette, par la tyramine.
Pourquoi ces deux mécanismes ? Voir Idées reçues. Côté alimentation, voir le régime tyramine.
Cette liste n'est pas exhaustive. Le réflexe le plus sûr reste le plus simple : avant tout nouveau médicament — y compris en vente libre — demander au médecin ou au pharmacien, en précisant « je prends un IMAO ».
Les fenêtres de sécurité (washout)
Un IMAO continue d'agir tant que l'enzyme détruite n'a pas repoussé — environ deux semaines. D'où des délais à respecter quand on commence, qu'on arrête, ou qu'on change de traitement.
| Situation | Délai minimal |
|---|---|
| Démarrer un IMAO après un inhibiteur ou libérateur de sérotonine | 5 demi-vies (souvent ≈ 8 jours) |
| Démarrer un IMAO après la vortioxétine | ≥ 14 jours |
| Démarrer un IMAO après la fluoxétine (Prozac) | généralement ≥ 6 semaines |
| Démarrer un sérotoninergique après l'arrêt d'un IMAO | ≥ 2 semaines |
| Passer d'un IMAO à un autre IMAO | ≥ 2 semaines |
La fluoxétine demande plus longtemps parce que son métabolite actif s'élimine très lentement ; un délai supérieur à 6 semaines peut être retenu après une dose élevée ou un traitement prolongé. Jamais de chevauchement progressif (« cross-taper ») entre un IMAO et un inhibiteur ou libérateur de sérotonine : c'est le médecin qui fixe le délai exact selon les molécules. Pour le détail, voir la synthèse du guide de prescription.
Une phrase à répéter : « Je prends un IMAO. »
À votre médecin, votre pharmacien, votre dentiste, votre anesthésiste, et aux urgences. La plupart des accidents viennent d'un médicament ajouté sans le savoir — une ordonnance d'un autre praticien, un produit en vente libre, une anesthésie. Le dire à temps, c'est l'éviter.
⚠ Signes d'alerte — réagir vite
Poussée de tension (crise hypertensive) : mal de tête violent et battant, nuque raide, palpitations, douleur dans la poitrine, vision trouble.
Excès de sérotonine (syndrome sérotoninergique) : agitation ou confusion, fièvre, sueurs, tremblements, muscles raides, cœur rapide.
Dans les deux cas, n'attendez pas que ça passe : appelez immédiatement les secours.
112 (Europe) · 15 SAMU (France) · 144 (Suisse) · 112 (Belgique) · 911 (Canada/Québec)
Ce site propose une information générale et ne remplace en aucun cas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Aucune décision concernant un traitement ne doit être prise sans un professionnel de santé. Les IMAO comportent des précautions réelles — alimentaires et surtout d'interactions médicamenteuses — détaillées dans les pages concernées.